Lisbeï
Grand tripotage de nombril et autres divagations
juillet 01, 2003
Pierre Noire III
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22:30 - 00:30
Je tends la perche à mes grands-parents pour calmer le jeu, ils la saisissent à 4 mains. Nous nous quittons sur des formules policées, comme toujours... Yann m'entraine sur le chemin du retour à pied, pour évacuer l'adrénaline, la sienne comme la mienne... Il a raison... Et les tagliatelles aus saumon et le rosé aussi... J'ai alimentairement peché... Nous nous arrêtons dans un bar à Brecy, et discutons de la soirée, et de nous, et du plaisir, et de l'indépendance et de l'existence en propre des plaisirs et des goûts... Nous avions besoin tous deux de cet atterrissage en soft... Je pense avoir raté le dernier métro, m'apprête à demander à Yann si je peux dormir chez lui, mais quelque chose me retient, je me tais... Il m'ammène sur le quai et me met dans, en effet, le tout dernier métro... J'ai l'habitude, je rentre souvent seule par le dernier métro... J'aime la ville la nuit...

00:30 - 01:00
Je remonte la ligne 6 jusqu'à Nation, puis remonte le bd Philippe-Auguste à pied, comme j'aime le faire.
Devant la porte, code. Marche pas... M'a trompé? Re-code... queud... Trop vite? Re-re-code lentement et avec application... Rien... Ces cons, ils ont changé le code, et moi, comme d'hab, je sais pas. Je commence à farfouiller dans mon sac de toile bleu ciel de fille flambant neuf de la veille, à la recherche de mes clefs et donc du pass automatique.
Je lève les yeux, et je vois un mec devant moi avec un truc dans la main. Ca va super vite. Il m'enlace par derrière, et je sens un liquide sur mes mains. L'instinct reprend le dessus. Je me dégage avec violence et me met à courir en descendant la rue, je me retourne pour voir s'il me suit, il court derrière moi et disant "il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas fuir"... Je tourne dans le boulevard à la recherche d'un endroit où me réfugier. Les rues sont vides, tout est fermé... Je cours, je cours, jusqu'à la rue de Montreuil... Je crois que je croise une ou deux personnes... Il n'est plus derrière moi... Je m'arrête. Je commence à pleurer, hystériquement... Et c'est là que je me rends compte que mes mains sont couvertes de sang... J'ai peur de refaire le chemin jusqu'à la maison, mais je veux rentrer, je veux me sentir en sécurité, j'ai peur qu'il soit là quelque part dans le noir. Je farfouille dans mon sac, encore, à la recherche du portable. Je tremble comme 25 feuilles... Déverouiller le portable, faire apparaitre le répertoire, trouver le nom de Tony, appuyer sur le bon bouton... Je lui demande de venir me chercher. Je remonte le boulevard une fois de plus, lentement, prête à courrir, cherchant tant le mec au cutter que Tony des yeux... Tony arrive en courant vers moi... On s'asseoit sur un banc, je lui raconte entre deux sanglots hystériques, je lui montre mes mains rouges... Il prend mon sac taché de sang, nous rentrons lentement... 6 étages à pieds, en trébuchant à chaque marche... Salle de bain, laver mes mains, découvrir les dégats... Des coupures sur les mains, rien de plus... Rien sur le cou, rien sur le visage... Désinfectant, pansements... Tony me soigne comme une petite fille qui s'est écorché le genou à l'école... Mes baskets sont toutes rouges, mon sac est couvert de sang, à l'extérieur, à l'intérieur, du sang partout sur mon portefeuille, mon agenda, mes 2 soutiens-gorges de l'après-midi... Je me calme peu à peu, je recommence à respirer à peu près normalement... Plus de peur que de mal...

01:00 - 03:00
J'appelle la police. Leur raconte l'histoire. Ils veulent m'envoyer une ambulance, ou alors m'emmener à l'hôpital. Je refuse. Je veux juste en finir avec cette histoire, et me coucher... Ils rappellent, une fois, deux fois, cinq fois... Ils viennent, mais pas de code à leur donner... Tony m'accompagne toujours, nous redescendons les étages... La conversation/interrogatoire se tient sur le lieu même du crime, sur le palier de l'immeuble, avec deux policiers en civil, tout jeunes et tout frêles... Récits de faits, description, refus une fois de plus d'aller à l'hôpital... Ils me disent d'aller porter plainte, mais que si je veux ça peut attendre demain... Que s'ils le trouvent dans la nuit, il viendront me chercher pour aller porter plainte sur le champs au commissariat, pour qu'ils puissent le mettre en garde-à-vue...
Nous remontons à la maison. Bonsoir, bisous, merci Tony... Je me couche nue sous ma couette, et je me sens vulnérable et fragile... Je récupère un gros pull, et m'enfonce dans le noir du sommeil... Je suis épuisée...

Maison aujourd'hui. Mes mains recommencent à trembler en écrivant ces mots, mes mains qui font mal. J'appréhende d'enlever les pansements et de voir à quoi ça ressemble à la lumière du jour. Ca fait trop mal pour être des coupures de base. J'irai au commissariat tout à l'heure, et après j'irai voir si le pharmacien ne peut pas mettre des strips...

Un amateur flippé, sinon il n'aurait pas laché prise, et ce n'est pas les mains qu'il aurait tallaidé... Et non monsieur l'officier, il était blanc...

Je suis épuisée.
posted by Lisbeï @ 7/01/2003 12:18:00 PM ::
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