Lisbeï
Grand tripotage de nombril et autres divagations
août 22, 2003
22 août(s)

Je n'ai pas de post tout beau, tout mûri, tout construit, tout clair, tout intelligent. Je n'ai rien. Rien que des neurones abruties, des nuits trop courtes et des mots balbutiés. J'aurais pu faire une liste de désirs que personne d'autre que moi-même ne peut assouvir. Avec du temps (encore), beaucoup de courage et de la chance. De ces désirs de vie comme on en a tous, parce qu'avant on voulait tellement plus, et qu'on s'est résolut amèrement à ne vouloir que ça. Des refuges définitfs, des inquiétudes en moins, des libertés matérielles... Ce que l'on pense être le minimum pour avoir un peu moins froid et un peu moins peur...

14, 18, 20, 23, 25, 27...Les années ont disparues les unes après les autres... Les ambitions, l'orgueil et la fougue se sont dissoutes dans les contingences de la réalité. Mais les goûts et les envies, eux, n'ont plus évolués. Je me suis inquiétée, et forcée à rentrer dans ce moule qui me rassurait, parce qu'il y avait écrit "normal" sur la boite. Terminé de brillantes études creuses, enchaînés les boulots, partie dans la grande aventure de l'amour et du loin. J'ai accepté de vivre ensemble "pour de vrai", j'ai ouvert des comptes communs, coupé mes cheveux "pour faire mon âge", souscris des prêts à deux, sortie 'en couple", porté des tailleurs et des talons, ai même consentis à acheter du fond de teint. Un boulot, un mec, un appart', une voiture, des obligations, et des prénoms qui ne se disent plus l'un sans l'autre... J'ai crû que j'y arriverais, à devenir normale et respectable. Je subissais avec bonheur l'influence qui, je l'espérais, m'entrainerai dans la normalityé de la vie, et enfin arrêter de me poser toutes ces questions, et grandir, enfin. Tenter... Pousser la voiture dans la pente pour que le moteur prenne...

Le vernis évidement, a volé en éclats... Et je me retrouve toujours la même... A toujours essayer de grandir, et à toujours échouer... Je suis en train de devenir ce que j'ai toujours redouté: une vieille gamine, une minette qui n'assume pas le temps qui passe et qui refuse d'évoluer. Et plus le temps passe, plus je deviens une vieille gamine... Même le mot "femme", je n'arrive pas à le faire mien... Pas parce que je ne veux pas évoluer, mais parce que l'évolution, chez moi, s'est arrêtée. Je n'évolue plus, parce que je n'y arrive pas. Oh si, j'ai bien plus peur. Mais sur le fond, une fois les inquiétudes dissipées, j'aime toujours des choses qui commencent à ne plus être de mon âge... L'âge de porter des jeans et des Prestos roses, de changer de boulot tous les ans, de lutiner les hommes, d'aimer Prince et le Funk, de finir sans un sou à la fin du mois et de vivre "avec les potes"...Ca devrait être fini... J'aimerais tant que ce soit fini...

Envie d'évoluer, de grandir, de me poser, un peu, si. Encore. Mais je n'y arrive toujours pas..

Je deviens jalouse et aigrie. Jalouse de la jeunesse et de l'indulgence, des opportunités que je n'ai plus, du courage et de l'insousciance que je n'ai plus. Jalouse de toutes ces belles aventures que je n'ai plus le loisir de vivre, trop rongée par l'angoisse d'assurer demain. J'arrive à un âge qui frise les bilans. A part beaucoup d'errances, je n'ai rien a accrocher au tableau de chasse. Non, non, je ne parle pas d'horloge biologique, celle là tourne et tournera le temps qu'il me faudra. Non, je parle de l'horloge par rapport aux "autres". A tous ces copains de lycée et de fac qui eux ont réussis à grandir... Installés, posés, sereins, déjà à mi-chemin sur l'échelle. Moi, je reste en bas à faire des conneries... Et je n'arrive pas à me plier/pousser/hisser ne serait-ce que sur le premier barreau... Mes amis rajeunissent. Mais moi, non.

Même écrire un blog, c'est une envie/besoin de gamine... Vous en lisez beaucoup, vous, des blogueurs qui ont plus de 25 ans?

Je me permettrais de citer Babils: "Tu te sens un peu comme si tu trouvais éternellement une excuse pour retarder le moment où tu devais vivre vraiment. Je suis pas prêt. J'attend un truc. Après ça. Quand j'aurais fini de payer le canapé. (...) Et puis en attendant, le temps passe."

J'ai dis que je ne soupirerais plus, mais je n'en pense pas moins...

Voilà, c'est l'heure: 29 ans... and counting...
Un verre de punch carambole maison... Allez, à la mienne...


posted by Lisbeï @ 8/22/2003 12:15:00 AM ::
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